mercredi 10 février 2010

je ne me suis pas arrêté au premier feu rouge
ni au second
j’étais invulnérable
je me suis écrasé par terre
parmi les gens normaux
pour perdre ma vie au bout des doigts
ivre de fureur
jusqu’à la pastorale du soleil noir

samedi 6 février 2010

je suis né dans le feu des yeux piquants
il a été le premier à m’appeler par mon nom
au réveil des bras ballants
je n’étais rien avant
surtout pas moi
maintenant j’erre dans cette cave
comme un spectre manquant d’aisances
la mort n’a plus faim
le feu coule à ras bord
sous-utilisé
lourd
jusque dans ma chambre
jusqu’à la fin des cours

Leçon


Je n'ai pas la prétention de croire que je comprends complètement la schizophrénie. Une chose est certaine toutefois, je prends beaucoup plus soin de moi depuis que je suis sorti de la dépression. Comme quoi je ne suis pas sorti complêtement perdant de cette histoire.

jeudi 4 février 2010

j’ai noté dans un petit carnet
des poèmes que j’embouteille
pour les jeter dans la gorge du soleil
d’une manière subtile
coller mon oreille à la porte de la verdure
sentir le vent faire diversion d’une voix sourde
pouvoir repartir dans le mélange de sable
faire le chauffage des clubs privés
où l’amour termine ses mots

mercredi 3 février 2010

tous ces cœurs conducteurs
ces souvenirs d’enfance
ces terribles aventures au parfum de rumeurs

traversent dans mon esprit chaque jour qui passe
des pantins farceurs aux joues roses
cent millions d’âmes qui habitent les bagues aux doigts
comme des génies heureux

je ne peux pas m’arracher au charme de mes 8 ans
la combinaison rouge de la jeunesse et des poings faibles
dressés dans le ciel de tous les espoirs

mardi 2 février 2010

Moi quand je me sens pas bien j'écris des poèmes. C'est le meilleur remède!
je garde contre mon cœur tes vieilles peaux
tes écailles de champagne
tes neiges noires
elles n’ont pas pris une ride
et quand chante le rossignol
il n’est plus possible de reculer
même si j’ai la tête bien au-dessus de l’eau
l’orchestre joue la dernière valse
sur mon cheval de cosmonaute
cueillant au bord des lèvres des maisons de briques bleues
devinant ta présence sur mon blog
je te revois dans notre chambre
me tendre la main jusqu’à l’aube
mais dans la réalité
je suis devant le psychiatre en blouse blanche
qui me donne des antidépresseurs
pour garder le moral comme le beau sportif du grand écart

j’ai beau ne pas voyager autour du monde
j’ai l’impression d’avoir vu plus de choses que tout le monde
je reprendrais bien mon rôle d’étudiant
je ferais à nouveau l’école buissonnière
mais tout ça ces des rêves débiles
mon cœur est heureux d’être réparé
rentré d’un long voyage sous un nuage noir
ivre de fatigue
après avoir erré sur les grandes surfaces
victime d’une erreur d’aiguillage

il est temps de filer doux
le soleil dans les cheveux
des lions éblouis dans le cerveau
ciré comme un carrelage
attendant l’atterrissage de la femme-canon
Charlotte a vomi une partie de son biberon
la nuit prononçait des phrases par bandes verticales
j’ai retiré mes lunettes pour y voir plus clair
servir le café dans des nids d’oiseaux
tout ce qui pouvait rompre serrait les dents

la nuit était froide
mais le vent freinait à mort
pour la petite
et les mains pleines de terre
prêtent à faire pousser l’été

quelques secondes sans échanger un mot
Charlotte est arrivée au bon moment où j’ai repris du mieux
avec les applaudissements tournoyants avec férocité
la grande danse des rencontres indispensables